Selon les autorités libanaises, 10.000 à 15.000 t de mazout se sont déversées dans la mer à la suite du bombardement par Israël, le 14 juillet, des réservoirs de la centrale électrique de Jiyé, à 25 km environ au sud de Beyrouth.
La quantité déversée, si elle est confirmée, est relativement peu importante, mais elle frappe à l'échelle du Liban et de ses 220 km de côtes.
"C'est dramatique pour les populations touchées mais, en neuf ans, tout sera éradiqué", estime Christian Buchet, directeur du Centre d'études de la mer à l'Institut catholique de Paris et membre de l'Académie de marine.
Mais la préoccupation est ailleurs.
"La Méditerranée est une mer particulièrement fragile, surtout dans sa partie orientale. Son réchauffement a été très largement attesté par les scientifiques, au point que 56 espèces tropicales y sont désormais établies, venues de l'Océan Indien ou de la Mer Rouge via le Canal de Suez. Elles n'auraient, auparavant, jamais pu vivre dans une Méditerranée trop froide pour eux", selon cet expert.
"Or ce grand réchauffement des eaux, le plus fort constaté, fragilise la faune et la flore, et l'impact de la pollution humaine, comme une marée noire, y est beaucoup plus fort qu'en Atlantique ou ailleurs". "Le problème n'est pas le pétrole en tant que tel, mais qu'il s'écoule sur ce milieu particulièrement vulnérable", s'inquiète-t-il en soulignant le déficit d'eau en Méditerranée, lié à l'évaporation.
En revanche, l'absence de marées, qui ont pu jouer les lessiveuses en Atlantique n'est pas un handicap, estime-t-il : "Ce qu'on perd en lessivage, on le gagne en plus faible dispersion".
Dix-sept jours après le début de la marée noire, toute intervention est restée impossible en raison de la poursuite du conflit.
Selon le Centre de documentation et de recherches sur les pollutions accidentelles des eaux --Cedre, basé à Brest (ouest)--, le carburant répandu, un intermédiaire entre le fioul, très lourd, et le diesel, est moins visqueux que celui déversé par les pétroliers Erika (en 1999, au large de la Bretagne) et Prestige (en 2002, au nord-ouest de l'Espagne).
"Mais en vieillissant, il va devenir plus visqueux, plus collant et donc plus difficile à ramasser sur les rochers", prévient Georges Peigné, directeur adjoint du Centre.
La fuite avait cessé lundi, selon Gaby Khalaf, directeur du Centre national libanais des sciences marines à Batroun (nord de Beyrouth). "Mais on ne sait toujours pas si une ou deux cuves se sont déversées".
Joint depuis Paris alors qu'il rentrait d'une tournée du littoral, M. Khalaf a noté que des portions de côtes encore souillées en fin de semaine dernière ont été nettoyées par les vagues. Le sud de la capitale jusqu'à Jiyé, notamment la grande plage publique de Beyrouth, Ramlet-El-Baïda, reste à l'inverse "complètement noir".
"Nous n'avons pas encore pu faire de prélèvement, car nos stations se trouvent à Jiyé et Saïda (sud-Liban), mais là où la densité de pétrole est importante, le phytoplancton, la faune et la flore vont périr", présume ce biologiste.
Mais il relativise les conséquences immédiates : à première vue, "le désastre est plus esthétique qu'écologique. Notre mer n'est pas riche, ni en poissons ni en nutriment. Et on ne compte pas beaucoup d'oiseaux de mer".
"C'est une goutte de fioul dans une mer poubelle, mais c'est une de plus. Et la coupe commence à être pleine", renchérit Christian Buchet. <<
On va dire " moi c'que j'en dis " mais quand meme... Je voudrais dire que les marrée noires, aussi optimistes ont l'air d'être les scientifiques, c'est une catastrophe écologique purement et simplement de la faute de l'homme...
Quelques liens à propos de : L'Erika, Le Prestige
Et la liste des principales marées noires...


